PARIS ANTARCTIQUE, MOI TROPIQUE

          Il fait trop froid! Je me suis jamais adapté à la froideur de l’air dans ses supermarchés parisiens. A chaque fois devant les produits du lait, en peur d’être congelé, je me dépêche pour aller au caissier et sortir de ce mini-climat polaire situé au milieu de Paris, conçu pour les aliments et non pas pour un jeune méditerranéen. Après la froideur de ses super-frigos il faut maintenant supporter, avec patience, celle du regard du caissier qui arrive à me congeler télépatiquement dans l’esprit. En sortant à travers les portes glissantes en verre de la nature neutre et du protège climatique avec un espoir désespéré pour avoir de la chaleur, je suis encore déçu. Même s’il ne fait pas froid, les chaleureux rayons du soleil sont bien cachés, encore un jour, derrière les sombres nuages parisiens. Il y a aussi les vieux monstres métalliques non-vivants de Renault qui débordent les rues bitumés en rendant difficile à trouver une belle scène de la vie parisienne dans cette grise nébuleuse urbaine. Ça ne m’embête pas beaucoup comme j’arrive bientôt chez moi. Mais quel horreur qu’à fin de rentrer dans le bâtiment il faut appuyer sur quelques boutons métalliques comme au moins 100 d’autres personnes font chaque jour avec leur doigts qui touchent je ne sais même pas où dans la journée. De plus, cette action salissante de l’interaction social dans la temporalité circadien n’est que pour entrer un code composé des éléments abstraits comptables dites “chiffres”. Bon, s’il me faut vraiment d’appuyer quelque part, je préfère quand même d’entendre une jolie voix d’une parisienne qui me dit “Oui, c’est qui chéri?”. En entrant dans le bâtiment grâce à cette composition abstraite, il me reste qu’une seule étape de circulation avant que je trouve la chaleur dans mon lit; c’est celle de l’ascenseur. Je rentre dans cette boite métallique de l’ordre de l’artificiel qui défie l’ordre naturel. La seule action qui y me plait c’est de regarder mon reflet sur le grand miroir. Mais même cette action d’auto-satisfaction narcissique est perturbée avec les bruits inquiétants causés par la friction des plaques métalliques. En arrivant au 4e étage la porte de l’ascenseur s’ouvre en me laissant pénétrer directement dans un espace bohème de l’ordre de l’homme romantique, dans un espace bien tropique. 

Mete Kutlu 



LA CHÈVRE ABSOLUE

          Je ne sais pas où je suis. Je ne sais même pas si je suis quelque part. Mais, en fait, je n’en ai ni besoin ni envie. Je me sens bizarrement comme chez moi même si tout autour de moi est sombre et je ne peut rien voir et rien distinguer dans cette luminosité noire. Je me dis que c’est peut-être parce qu’il fait la nuit mais on ne peut voir aucune étoile non plus. Je regarde l’espace qui m’entoure. Il n’y a rien. Il n’y a absolument rien mais ça ne me fait pas peur. Au contraire je ne suis bien à l’aise dans ce vide infini de l’immatérialité éternelle. Je me sens aussi très puissant et important en accomplissant rien comme c’est souvent le cas. Je m’y sens dans un état parfait de l’architecte absolu. J’ai le pouvoir de créer tous ce que je veux dans ce vide parfaitement homogène. Je me même demande, pour un moment, si je ne suis pas le dieu? On ne peut pas le savoir sans essayant. Donc, j’essaie. Au moment déjà du développement d’un désir de création dans mon esprit et du débordement de mes veines avec l’amour, la chèvre parfaite est devant mes yeux créée dans un instant. Elle est très belle. Je commence à courir vers elle. Je veux la manger et la garder dans mon corps pour ne jamais l’oublier. Mais, tout d’un coup elle se casse en petits morceaux comme s’elle est en verre. En même temps l’ambiance mystique de la lumière noire est dérangé par des nouvelles lumières de différentes tons  d’orange. L’homogénéité de l’espace se disparait au moment où je sens qu’il y a un froideur vers mes pieds. Je me tiens à un morceau de la chèvre à fin de rester un peu plus long temps dans cet espace mais je n’arrive pas. Je me sens comme si je dois aller quelque part, comme si je suis en retard pour quelque chose. Merde, je dors en fait, et je suis encore en retard pour l’école.


Mete Kutlu